Michel Onfray s’attaque à des moulins qu’il a lui-même bâtis…

Entretien avec Jean-Marie Salamito :

« Vous écrivez dans votre livre, à propos des considérations de Michel Onfray sur le christianisme antique, qu’il ‘s’attaque à des moulins qu’il a lui-même bâtis’. Que voulez-vous dire ?

Cette formule m’est venue très vite à l’esprit, quand je lisais les pages où Michel Onfray conteste l’existence historique de Jésus, une thèse qui a fait parler d’elle au XIXe siècle et au début du XXe, mais qui n’est plus soutenue par aucun historien. Le Jésus de Michel Onfray est tellement fantasmé – vu à travers des écrits apocryphes, des œuvres d’art très postérieures à l’époque de sa prédication… – qu’on a l’impression que tout a été retenu sauf, précisément, ce qui permet d’avoir des informations exploitables du point de vue de l’historien. C’est très curieux : cela consiste à prendre les sources les moins fiables ou ce qui n’a même pas le statut de source pour dire : ‘Voilà, il y a toute cette élaboration fictive autour de Jésus, donc Jésus n’existe pas’. Or des sources fiables existent bien, même si elles doivent être interprétées selon des méthodes scientifiques éprouvées ».

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