Péguy et Jeanne d’Arc à Cannes

On ne vous parlera pas tous les jours du Festival de Cannes… Mais quand un réalisateur se sert de textes de Péguy pour parler de Jeanne d’Arc, on se dit que ça en vaut la peine, et on vous laisse juger par vous-mêmes !

Après P’tit Quinquin, comédie policière surréaliste à se rouler par terre, après Ma Loute, film d’époque anarcho-farcesque mélangeant des stars bankables et des gueules cassées de l’ANPE locale, voilà que Dumont débarque aujourd’hui avec l’ovni Jeannette.

Soit une comédie musicale inspirée au plus près du texte par deux œuvres de Charles Péguy (Jeanne d’Arc en 1897 puis Le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc en 1910), chorégraphiée par Philippe Decouflé et mise en musique par Igorrr. D’emblée, constatons l’improbable rencontre que celle a priori suggérée par ces trois noms. Péguy, homme d’engagement total, figure problématique par excellence, patate chaude du politiquement correct, qu’on ne sait trop à quel saint vouer.

Socialiste libertaire et catholique fervent, dreyfusard militant et nationaliste intransigeant, homme de justice et tempérament de feu, styliste de génie et littérateur anti-moderne, brouillé avec la Terre entière, tombé au champ de bataille le 5 septembre 1914 à Villeroy. Philippe Decouflé, artiste impur et total, touchant au cirque et au mime, à la musique et à la vidéo, au strip-tease et à la marionnette. Igorrr (Gautier Serre), musicien hors norme, pratiquant un mélange guttural d’électro, de heavy metal et de musique baroque.