L’Eglise a tort de faire confiance à la conscience des électeurs…

Apparemment, l’Eglise a tort de donner des éléments de discernement et de faire confiance à la conscience des électeurs. C’est en tout cas l’avis du Monde dans un édito : La faute morale de l’Eglise de France

Réponse de Patrice de Plunkett

« L’Eglise catholique s’est refusée à voter pour Emmanuel Macron ». Voilà en effet une très scandaleuse dérobade, digne de tous les soupçons… Le Monde incrimine même le pape : dans l’avion de son retour d’Egypte, François, interrogé par les journalistes sur la politique franco-française, a osé répondre qu’il ne savait pas d’où venait  l’un des deux candidats : or ce candidat était M. Macron, qu’il n’est pas permis d’ignorer. La conférence épiscopale ès-qualité aurait dû voler au secours de la victoire de M. Macron en compagnie de MM. Pigasse, Niel et Bergé, divinités du capitalisme libéral ; elle ne le fait pas. Elle est coupable. De quoi ? De « se résigner à la banalisation de l’extrême droite ».

Si les porte-parole de la Conférence épiscopale n’étaient pas tenus par le devoir de réserve lié à leur fonction, ils pourraient répondre à l’éditorialiste qu’il a bonne mine d’exiger que l’Eglise fasse intrusion dans la présidentielle. Le Monde a la mémoire courte. Il y a quatre ans, ce journal (comme presque tous les médias) s’indignait du soutien – discret – d’évêques à la Manif pour tous. Lors des auditions à l’Assemblée nationale sur le projet de loi Taubira, les gouvernementaux criblaient de mépris les catholiques. On criait que toute intervention de l’Eglise sur un sujet « politique » outrageait « la laïcité », et que le catholicisme devait être évincé de « l’espace public ».

Aujourd’hui il s’agit d’une élection présidentielle : ça, pour le coup, c’est un acte purement politique ; les évêques (et a fortiori le pape) n’ont donc pas à prendre parti. Leur rôle est simplement de rappeler (comme ils l’ont fait par leur livre d’octobre et leur communiqué du 24 avril) certaines balises de conscience. Mais là, surprise : ceux qui voulaient en 2013 refouler les catholiques jusqu’au fin fond de la « sphère privée », exigent en 2017 qu’ils viennent défiler pour M. Macron sur la scène publique – comme un troupeau d’oies ! Cette exigence est à la fois méprisante et illogique. Chaque électeur catholique votera, ou ne votera pas, selon sa conscience de citoyen.