Lire et méditer la Passion est un effet de la résurrection

« Saint Ignace au début de la Passion, propose de demander la grâce d’éprouver ‘peine, douleur et confusion parce que c’est pour mes péchés que le Seigneur va à la Passion’.

En même temps, la tendresse et la lumière du cœur me sont données gratuitement, pour accueillir dans toute leur vérité les gestes, les paroles, les sentiments – peurs, lâcheté, répugnance, etc. – qui m’empêchent de suivre le Christ dans son amour pour moi. L’étendue (jusqu’à l’extrême, dit saint Jean) de son amour et mon besoin de celui-ci sont donnés dans un même mouvement, et cela me conduira peut-être à oser un geste comme celui de Véronique, ou des larmes comme celles de Pierre, ou simplement comme Jean, à user de relations et compétences pour suivre de plus près, mieux comprendre, gagner sur mes peurs et entrer davantage dans ce mystère de vie et d’amour jusqu’au pied de la croix.

Lire et méditer la Passion est donc un effet de la résurrection. C’est déjà l’action du Ressuscité en nous. La ‘divinité qui se cache et laisse souffrir si cruellement la très sainte humanité’ de Jésus-Christ, vient éclairer ce qui relève en nous du vieil homme comme dit St Paul, et qui a besoin de mourir avec Jésus sur la croix : tout ce qui nous lie encore trop à la foule, aux voyeurs, à ceux qui refusent un Dieu qui se cache dans l’humanité souffrante et qui s’expose indécemment crucifié. Y reconnaître nos blessures et notre injustice, c’est accueillir et signifier le pardon où l’Église fraternelle ne cesse de renaître à la vie du Ressuscité.

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