Réaction du F. Adrien Candiard aux attentats en Egypte

Frère Adrien Candiard, dominicain au Caire, répond à Famille Chrétienne :

Les jihadistes ont un programme : mettre fin à la diversité religieuse au Proche et Moyen-Orient. Depuis des siècles, des dizaines de religions et confessions différentes y cohabitent, pas toujours très harmonieusement, mais c’est la région du monde où la diversité religieuse a été, historiquement, la plus grande. Or, en une génération, elle s’est réduite spectaculairement, en Irak, en Syrie, en Palestine… La plus grande communauté chrétienne de la région, et de loin, ce sont les coptes, les chrétiens d’Égypte. Cette stratégie de la terreur vise à les faire partir à leur tour. […]

Je n’ai aucune envie de donner des leçons à qui que ce soit. Dans ces temps difficiles, chacun fait comme il peut. Mais prendre peur et quitter le pays, ce serait faire ce que les terroristes veulent. Plus que jamais, il faut rappeler que les coptes sont des Égyptiens, qu’ils sont ici chez eux, que cette société est la leur et qu’elle leur doit soutien et protection. Ils ne sont pas un corps étranger ou colonial, ils ne représentent pas l’Occident. La majorité des musulmans égyptiens le sait bien, du reste. Mais il faut plus que du courage pour résister à ces attaques répétées.

Vous avez parlé dans un essai récent Veilleur, où en est la nuit ? (éditions du Cerf) des leçons du prophète Jérémie. À quoi peut ressembler l’espérance des chrétiens en Égypte à la veille des fêtes de Pâques ?

Le prophète Jérémie nous dit que l’espérance, c’est bien autre chose que l’optimisme. Contemporain de la destruction de Jérusalem et du Temple par les Babyloniens, il ne prêche pas une espérance à bon marché, qui se contenterait d’ânonner que ça ira mieux demain. La véritable espérance est celle qui, dans les désastres, sait voir que le Royaume de Dieu continue à se construire, parce qu’il est possible d’y trouver des occasions d’aimer. Plus que jamais, face à ces catastrophes, nous avons besoin de l’espérance chrétienne.