Mgr Pontier ne prend (presque) pas parti dans la présidentielle

Dans son discours d’ouverture de l’assemblée plénière des évêques de France à Lourdes, ce mardi 28 mars, Mgr Pontier s’est penché sur l’élection présidentielle qui approche. Les évêques ne donnent évidemment pas de consignes de vote. On notera toutefois l’accent mis par le président de la CEF sur deux points particuliers concernant cette campagne :

  • Sur la responsabilité politique : « Le rapport à l’argent peut aveugler et empêcher de percevoir le drame profond que vivent ceux qui n’ont pas accès au travail, à un logement digne, à la culture. Au cours de ces dernières années l’écart des revenus entre les plus riches et les plus pauvres n’a cessé d’augmenter. Ainsi notions-nous : «Une France inquiète des injustices, et qui comprend mal par exemple le salaire indécent de certains grands patrons pendant que l’immense majorité des petits entrepreneurs se battent pour que leur entreprise vive et se développe.» L’exercice du pouvoir est exigeant. Il nécessite une vigilance de tous les instants pour demeurer au service du bien commun et ne pas en tirer un profit personnel aux effets désastreux. Vivre dans une démocratie est une chance ; c’est aussi une responsabilité. »
  • Sur les exigences de la fraternité : « Nous ne pouvons pas penser notre avenir, chacun replié sur soi-même. Certains le pensent. C’est un leurre. Ceux qui viennent chez nous et sont accueillis, peuvent s’intégrer, apporter leur savoir-faire, leur dynamisme et contribuer ensuite au bien-être de tous. Notre conviction chrétienne et citoyenne nous invite à la générosité, à la recherche du bien commun, à l’ouverture, à l’accueil, à la fraternité universelle avec le sens des responsabilités qui nous incombent. » Citant ensuite longuement le Pape François, il rappelle que « C’est un devoir de solidarité de s’opposer à la culture du rejet et de nourrir une plus grande attention envers les plus faibles, pauvres et vulnérables. C’est pourquoi un changement d’attitude envers les migrants et les réfugiés est nécessaire de la part de tous ; le passage d’une attitude de défense et de peur, de désintérêt ou de marginalisation – qui, à la fin, correspond exactement à la « culture du rejet » – à une attitude qui soit basée sur la « culture de la rencontre », la seule capable de construire un monde plus juste et fraternel, un monde meilleur. »

Evidemment, tout rapprochement avec certains candidats à l’élection présidentielle serait purement fortuit (coucou François Fillon et Marine Le Pen). Pour lire l’ensemble du discours de Mgr Pontier, c’est par là.