Le parti le plus sage, entre chrétiens, est de ne pas se haïr pour des questions controversables

« Dans ces temps difficiles où certains semblent se résoudre à une impossibilité pour les chrétiens de s’engager honnêtement, sans se salir les mains, comme si c’était une fatalité, il faut au contraire saluer ceux qui accomplissent ce service de la politique et qui veulent tenir leur place dans le monde – politique -, sans être du monde. On pourra toujours nous reprocher de n’être pas des saints ; on ne doit pas pouvoir nous reprocher notre indifférence et notre passivité. La peur des coups ou des compromis n’est pas un motif suffisant pour déserter le champ du politique.

La stratégie, le choix des instruments et des modes d’expression politiques ne doivent pas être érigés en absolu, d’autant qu’ils se réalisent dans des situations imparfaites et souvent en rapide mutation. Le Compendium de la Doctrine sociale est assez clair à ce sujet : ‘Le chrétien ne peut pas trouver un parti qui corresponde pleinement aux exigences éthiques qui naissent de la foi et de l’appartenance à l’Église : son adhésion à une formation politique ne sera jamais idéologique, mais toujours critique, afin que le parti et son projet politique soient encouragés à créer les conditions propices à la réalisation du véritable bien commun, y compris la fin spirituelle de l’homme’ (n. 73). On trouve donc chez les chrétiens un légitime pluralisme politique ; on doit veiller cependant à ne pas se diviser à propos de motifs secondaires : ‘Le parti le plus sage, entre chrétiens, est de ne pas se haïr pour des questions controversables’ (Bienheureux Frédéric Ozanam) ».

Mgr Rey, sur osp.frejustoulon.fr