L’aumônier des parlementaires voit « violence et désarroi » chez les politiques

C’est ce que le Père Laurent Stalla-Bourdillon, aka l’ « aumônier des parlementaires » même si ce n’est pas une aumônerie, rapporte dans une interview au Figaro.

Cette campagne vous semble-t-elle marquée par une forme de violence ? Oui, une violence sans nom. J’observe le préjudice considérable fait à la pensée politique par l’étroitesse du jeu médiatico-politique. D’une certaine façon, les responsables politiques usent et abusent des médias pour exister. En retour, les médias manipulent les politiques comme des marionnettes.

Le problème le plus important selon lui est le suivant :

La vie politique ne semble plus avoir de prise sur les grandes et graves questions à résoudre aujourd’hui. Elle continue de se jouer comme si elle était sur une portée, mais pas à la mesure de la vérité des enjeux. Politique internationale, nouvelles technologies, défis éducatif et religieux… Ces divers éléments bouleversent le paysage de la vie sociale et obligent les politiques à changer de braquet, à s’interroger. Ils ne parviennent pas à ajuster leur parole aux attentes des citoyens, alors que l’opinion publique est en quête de responsables capables d’y répondre. Le référentiel républicain patine. Il est concurrencé par d’autres référentiels de substitution, politiques, religieux, etc.

Lui voit malgré tout une face favorable au risque d’instabilité politique qui se dessine, si aucune majorité parlementaire ne se dégage : l’obligation pour les politiques de travailler ensemble, plutôt que de surjouer le clivage et de cacher les accords, réels, auxquels droite et gauche parviennent pourtant. L’espérance, toujours…

L’interview au Figaro