En réalité, on ne leur demande pas d’aimer un pays, mais un régime politique

« La priorité est de les faire naître à eux-mêmes, de leur donner l’estime de soi. Quand on a le sentiment d’être une personne, il est moins facile de se transformer en terroriste, avec cette violence caractéristique de pantin, de zombie, d’être théorique…

Ces élèves sont assoiffés d’amour. Ils sont en permanence en train d’en manifester ou d’en demander. Ils ont envie d’aimer ce qu’aime le prof. Mais l’Éducation nationale est un monstre froid qui fait comme si l’affect n’existait pas, comme si les profs étaient des agents de l’État interchangeables, et qui ne veut rien donner à aimer aux élèves. Pourquoi est-ce que quelqu’un comme Lorànt Deutsch est banni de certains établissements ? Parce qu’il aime la France… Cet amour pour un pays charnel est tabou. Seule l’entité abstraite de la République et de ses fameuses ‘valeurs’ est licite. En réalité, on ne leur demande pas d’aimer un pays, mais un régime politique… »

Jean-François Chemain dans famille Chrétienne