Droit de suite, sur la pédophilie

Que faire, au-delà de constater le désastre ?  L’entretien du Père Stéphane Joulain avec La Croix donne certaines pistes.

Si ce n’est pas l’essentiel, il relève d’ailleurs le caractère aussi erroné sur les principes que sur la pratique de la volonté qu’ont pu avoir certains de protéger la réputation de l’Eglise : « Si les gens avaient pu pardonner les crimes des abuseurs, ils ne pardonnent pas, en revanche, le fait que des évêques les aient camouflés ».

Il propose surtout de faire preuve d’une transparence renforcée, passant notamment par l’obligation pour les diocèses de détailler leurs actions concrètes, détail qui figurerait dans un rapport annuel, et sur le site de la Conférence des évêques : « c’est cela qu’on attend des évêques : pas simplement qu’ils nous disent qu’ils font des choses, mais concrètement, ce qu’ils font. » – le tout étant suivi par une instance de contrôle indépendante dotée de pouvoirs spécifiques.

Il se montre en revanche réservé sur le renvoi par principe de l’état clérical, préférant une évaluation au cas par cas : un homme d’une quarantaine d’années pourrait refaire sa vie et changer de comportement, « mais quand c’est un homme de 65-70 ans, c’est beaucoup plus difficile d’entamer une thérapie et, s’il se retrouve dans la nature, en période de stress, sans soutien, il risque de recommencer« . La question ne peut pas être de se décharger du problème sur la société civile.

L’entretien, dans La Croix