Tout faire pour que chacun puisse travailler

Marxiste, le pape ? Ou empreint du sens de la dignité humaine, qui se traduit aussi dans les relations économiques ? Improvisant, lors de l’audience générale de ce jour, il a expliqué que : « celui qui pour des manœuvres économiques, pour réaliser des affaires pas complètement claires, ferme des usines, ferme des entreprises et supprime le travail d’hommes, cette personne fait un péché gravissime ». Si nul ne contestera que l’on ne saurait supprimer des emplois pour des affaires troubles, l’introduction de son propos était de portée plus générale :

Le travail vous donne de la dignité, les responsables politiques et les dirigeants ont l’obligation de tout faire pour que chaque homme et chaque femme puisse travailler et ainsi garder la tête haute, regarder les autres en face avec dignité.

Cette exigence est double. Elle impose aux dirigeants économiques une responsabilité sociale, et non exclusivement financière : il leur incombe aussi de préserver la dignité des personnes par le travail (non que celui qui n’a pas de travail n’en ait pas, mais celui-ci lui en donne). Mais cela ne s’arrête pas là : ce faisant, comme il l’a souvent dit, le pape refuse aussi ce que l’on peut appeler le « traitement social du chômage », quand certains politiques donnent parfois le sentiment de s’en accommoder.