La tentation identitaire détruit l’identité

Un message posté par le Père Jean-Baptiste Nadler sur les réseaux sociaux, et qui mérite attention :

16252132_1479420808758490_4920444436123985689_oJ’ai trouvé ces deux photos sur le site d’une « académie » qui organise des universités d’été se proposant de former les jeunes catholiques à la doctrine sociale et politique.

La première montre le flyer de l’événement posé sur un visuel de « European Brotherhood » (vous pouvez jeter un coup d’œil sur le site web de ce mouvement : les références au IIIème Reich y sont omniprésentes), ainsi que le chapelet marial associé au poing américain (?!). La seconde image [ci-après] représente l’un des moments d’une soirée de l’université d’été : son inspiration outre-atlantique paraît évidente.

Bien entendu, nous avons là des expressions quasi caricaturales de la tentation identitariste guettant quelques jeunes chrétiens. Mais, la plupart du temps, cette tentation est beaucoup plus subtile et va toucher un plus grand nombre : il n’est pas toujours aisé de distinguer un authentique amour de son pays (son identité nationale, son histoire réelle, ses riches composantes, etc.) d’une falsification déformante et idéologique de cette identité : en ce sens, l’identitarisme n’est pas une déviance de l’identité, il lui est opposé. La tentation identitaire détruit l’identité.

16388019_1479420812091823_418429851852158431_nLa jeunesse est radicale. C’est sa force et sa beauté. Dieu l’a voulu ainsi. Mais la radicalité de la jeunesse catholique doit être mise au service de Jésus-Christ et de son Eglise. Les jeunes ont donc à mener un viril combat pour dompter leurs passions, en devenir les maîtres et les orienter vers le bien, le beau et le vrai, dans un authentique service du bien commun.

Saint Jean-Paul II – qui savait si bien s’adresser au cœur profond des jeunes – l’exprima merveilleusement lors des JMJ à Rome en 2000 : « C’est Jésus que vous cherchez quand vous rêvez de bonheur ; c’est lui qui vous attend quand rien de ce que vous trouvez ne vous satisfait ; c’est lui, la beauté qui vous attire tellement ; c’est lui qui vous provoque par la soif de radicalité qui vous empêche de vous habituer aux compromis ; c’est lui qui vous pousse à faire tomber les masques qui faussent la vie ; c’est lui qui lit dans vos cœurs les décisions les plus profondes que d’autres voudraient étouffer. C’est Jésus qui suscite en vous le désir de faire de votre vie quelque chose de grand, la volonté de suivre un idéal, le refus de vous laisser envahir par la médiocrité, le courage de vous engager avec humilité et persévérance pour vous rendre meilleurs, pour améliorer la société, en la rendant plus humaine et plus fraternelle. Aujourd’hui, vous êtes venus ici pour affirmer que, dans le nouveau siècle, vous n’accepterez pas d’être des instruments de violence et de destruction; que vous défendrez la paix, en payant de votre personne si nécessaire. Vous ne vous résignerez pas à un monde où d’autres hommes meurent de faim, restent analphabètes ou manquent de travail. Vous défendrez la vie à tous les instants de son développement ici-bas, vous vous efforcerez de toute votre énergie de rendre cette terre toujours plus habitable pour tous. Chers jeunes du siècle qui commence, en disant «oui» au Christ, vous dites «oui» à chacun de vos plus nobles idéaux. »

A vous qui avez soif de vous former en vue de vous donner et de faire de votre vie une grande oeuvre, je vous invite – par exemple – à donner un an pour suivre une ESM (Emmanuel School of Mission), ou bien à partir deux ans comme coopérant missionnaire avec la FIDESCO. Et tant d’autres propositions existent pour se former et se donner. Ne risquez donc pas de vous empoisonner en buvant à des eaux troubles et frelatées.

Que Dieu vous bénisse, que le Christ vous fortifie et que l’Esprit-Saint vous éclaire.