Solidarité, conscience, respect des lois : un intrus ?

5058592_6_15de_manifestation-le-23-novembre-en-soutien-a_a4ebbd33c0feeccdae2717c268739fdf« L’aide au séjour d’un étranger pour lui assurer des conditions dignes et décentes ou visant à préserver son intégrité physique n’est pas pénalement punissable. » Voilà la conclusion de la Présidente du Tribunal correctionnel de Nice dans le procès d’un enseignant-chercheur qui avait convoyé avec sa voiture des Érythréennes venues d’Italie, comme nous le rapporte Le Monde. Le Procureur avait requis six mois de prison avec sursis, pour – comme l’appelle le journal La Vie – « délit de solidarité ».

L’Église depuis ses origines a insisté sur la nécessité pour ses croyants de respecter les lois du pays où ils habitent (on se souvient de la lettre de Diognète au IIe siècle sur les chrétiens : « Ils obéissent aux lois établies et leur manière de vivre est plus parfaite que les lois. »). Et pourtant, comme un simple citoyen aidant des migrants le confiait dans La Croix : « Quand vous voyez des familles avec des bébés, des mineurs dans les rues, en situation d’hypervulnérabilité face aux réseaux en tous genres, vous faites quoi ? Vous passez votre chemin ? ». Un questionnement qui ne peut laisser indifférent des chrétiens …

La Cimade, fondée et encore largement animée par des chrétiens, a ainsi produit une déclaration intitulée « La répression de la solidarité doit cesser » :

Alors que la France et l’Europe laissent mourir les migrants dans la mer Méditerranée par milliers, à Calais ou à la frontière franco-italienne, il est temps que le gouvernement français concentre ses forces dans une politique d’accueil et de solidarité plutôt que de réprimer les initiatives individuelles ou collectives qui pallient ses défaillances.

La ligne de crête est étroite entre responsabilité citoyenne, morale et charité. Un discernement à vivre dans l’action comme citoyen, bénévole, … On peut retrouver quelques repères dans les contributions de Pierre-Yve Stucki, des Semaines Sociales de Rueil, et le Père Philippe Bordeyne, Recteur de l’Institut ctaholique de Paris sur « Face à la crise, quel rôle pour les chrétiens dans l’espace public ? ».