Chine : un peu de théologie politique

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Le cas de l’Église chinoise nous rappelle toujours un principe exprimé avec force par le théologien politique William Cavanaugh : l’Église ne peut être soluble dans une nation, dans une superposition totale du théologique et du politique. Car l’Église a elle-même un rôle politique intrinsèque, pour la simple et bonne raison que les croyants obéissent à Dieu avant d’obéir à un pouvoir terrestre. En cela, l’Église est du monde et pas du monde, elle est fondamentalement une puissance étrangère, non pas parce qu’elle serait à la solde du Vatican, mais d’abord parce qu’elle se place entre les mains de Dieu.

La réunion par le pouvoir chinois ces 27-29 décembre dernier d’une « IXe Assemblée nationale des représentants catholiques », composée des évêques de l’Église officielle chinoise, va à l’encontre de ces principes. Elle a été l’occasion de déclarations du pouvoir chinois indiquant quel rôle il entend donner à l’Eglise, comme le rapporte la Croix :

Les catholiques doivent « mieux s’intégrer dans la société », « combiner le patriotisme à leur ferveur pour l’Église », et « s’unir pour contribuer à la construction du socialisme à caractéristiques chinoises », a martelé au cours de cette réunion Yu Zhengsheng, haut responsable du régime communiste et président du « Comité national de la Conférence politique consultative du peuple chinois » (CPCPC), cité par l’agence officielle Chine nouvelle. L’Église chinoise « doit adhérer au principe de l’administration autonome, s’occuper elle-même des affaires religieuses de façon indépendante et pousser les fidèles à adhérer au processus de « sinisation » de la religion »

En Chine, les religions « n’ont droit de cité que si elles sont autonomes par rapport à toute puissance étrangère« . Le problème donc, c’est que l’Eglise catholique ne peut qu’être, en partie, étrangère… Les questions géopolitiques qui concernent le Vatican sont toujours, en premier lieu, des questions théologiques.

Source photo : Eglises d’Asie.