Qui fête le jour de l’an ?

Bonne Année 2017La Croix ressort un article sur les religions qui fêtent le Nouvel An, observant que « contrairement aux catholiques et aux protestants, musulmans, juifs, bouddhistes et hindous célèbrent, à différentes dates, ce jour pour eux symbolique. » Et le journaliste de détailler le nouvel an juif, musulman, bouddhiste et hindoue. Un article à lire !

A noter tout de même une ambiguïté de l’article au sujet du nouvel an juif « créé pour se démarquer du calendrier chrétien lui-même fondé sur le calcul inexact de la naissance de Jésus » : ce n’est pas le jour de l’an en lui-même qui est d’institution si tardive, mais uniquement le fait de compter les années à partir de la création (biblique) du monde. Quant au nouvel an juif, dès l’époque de la Mishna déjà (IIIème siècle), et indépendamment d’un calendrier liturgique chrétien non encore formalisé, les rabbins comptaient 4 jours de l’an différents :

Il y a quatre « nouvel an ». Le premier Nissan, le nouvel an des Rois et des Fêtes. Le premier Eloul, le nouvel an pour la dîme du bétail. […] Le premier Tishri, c’est le nouvel an pour le décompte des années, le décompte des années sabbatiques et du jubilé, pour les plantations et la récolte. Le premier Shvat, c’est le nouvel an de l’arbre, conformément à l’avis de l’Ecole de Shammaï. L’Ecole de Hillel enseigne que c’est le quinze de ce mois. (TB Rosh Hashana 1a)

L’article ne propose pas non plus d’interprétation de la singularité chrétienne. Car si le calendrier liturgique a bien un commencement, au premier dimanche de l’Avent, il n’a pas de fête du jour de l’an en tant que telle. Cela traduit une caractéristique du rapport de la foi chrétienne au temps : avec la mort et la résurrection de Jésus, nous sommes entrés dans les temps eschatologiques, et si nous continuons de vivre concrètement le cycle des années, l’accomplissement de la révélation dans la foi chrétienne est précisément ce qui fait sortir l’homme de cette cyclicité, pour entrer dans la vie éternelle.

Ceci dit, nous vous souhaitons tout de même une bonne et heureuse année 2017, à vivre dans la joie et la lumière de l’évangile !