Le « non » de la non-violence est un « non » de résistance

Le « non » de la non-violence est un « non » de résistanceIl est tentant de vouloir justifier la violence dès lors que ce serait pour « la bonne cause ». C’est ce à quoi répond le philosophe et écrivain, Jean-Marie Muller membre-fondateur du Mouvement pour une alternative non-violente (MAN), pour le site Reporterre.

A travers ses quatre-vingt dix livres en langue anglaise, le leader indien Gandhi nous présente la non-violence dans toute sa richesse et dans toute sa complexité. A le lire, il devient clair que si le mot « non-violence » est formellement négatif, il ne signifie pas que la non-violence est la négation de la violence, mais qu’elle se trouve dans un rapport d’opposition réelle à la violence, c’est-à-dire que sa visée est d’en détruire les causes et les conséquences. Le non que la non-violence oppose à la violence est un non de résistance. En définitive, la non-violence n’est pas tant le refus de la violence que la lutte contre la violence.

Un texte très intéressant qui resitue par ailleurs l’engagement non-violent de Gandhi dans une logique d’efficacité politique plus que de doctrine morale. En cela, il n’est pas sans faire penser au message du pape François pour la prochaine journée mondiale de la paix, exhortant à une politique de la non-violence. C’est ici l’occasion de le rappeler : cette non-violence n’a pas qu’une « simple » valeur morale, qui plus est à promouvoir uniquement en situation de conflit. Elle est en effet toute relative, et ne saurait être réduite au fait de discréditer ou faire taire ses opposants, sur un registre de supériorité morale, de trier entre les bons et les méchants. La non-violence est d’abord garante d’une véritable efficacité de l’engagement politique.

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