Alep meurt et nous trouve désemparés

mourne-gif-1024x768_q95_detail_upscaleLa propagande fait rage autour d’Alep. Certains célèbrent une libération de la ville, tandis que d’autres dénoncent des massacres systématiques, maison par maison, à l’arme blanche. Comment savoir ? Que dire ? Que faire, sinon se morfondre, s’horrifier et prier ? Même ce message de Sant’Egidio… Je veux bien dire « je ne laisserai pas faire ça » mais, comment ? Parce que je l’aurais twitté ? Reste ces mots et leur équilibre, la volonté de rechercher une solution pour les civils.

L’attaque des soldats du gouvernement, appuyés par les Iraniens et le Hezbollah avec la couverture de l’aviation russe, réussira probablement à vaincre la résistance en peu de temps. Le passage de la présidence Obama à celle de Trump crée un vide politique qui a facilité le déclenchement de l’offensive, les pressions internationales étant faibles. Quoi qu’il en soit, les habitants sont à bout de force. La partie contrôlée par les forces gouvernementales a également connu beaucoup de souffrances et de destructions. Pendant plusieurs mois, un ami d’Alep me téléphonait depuis la zone contrôlée par le gouvernement (où la vie a aussi été très dure) ; il me disait : « nous sommes sans défense, pourquoi les rebelles n’entrent-ils pas ? ». Les habitants d’Alep, otages de deux camps opposés dans un jeu confus et cruel, ont trop souffert. Pour le camp du gouvernement, le problème est de conquérir toute la ville d’Alep, rapidement. Sauver les habitants est-il une perte de temps ? Il faut faire peser tout de suite la pression internationale sur les combattants pour arrêter les massacres.

Soyez joyeux avec ceux qui sont dans la joie, pleurez avec ceux qui pleurent. (Romains, 12, 15)