Des racines chrétiennes d’une société multiculturelle ?

972018-societe-politique-elections-regionalesL’investiture de François Fillon et l’influence réelle ou supposée des catholiques en politique n’en finit pas de susciter la perplexité ou l’inquiétude médiatique, spécialement dans les medias situés à gauche. Un hebdo devrait d’ailleurs y consacrer un dossier la semaine prochaine mais, entretemps, on peut aussi lire l’entretien donné par Jean-Louis Schlegel à Libération, titré tout en subtilité : « Des racines chrétiennes instrumentalisées contre l’islam ».

Au-delà de ce titrage, il y a bien des choses intéressantes à retirer de cet entretien, à commencer par le doute initial sur la réalité d’un retour des cathos en politique. La primaire offre un miroir déformant, dans la mesure où le poids de l’électorat catholique est plus élevé à droite, et suscite donc une plus grande attention. Pour se convaincre, si cela était nécessaire, du fait que cet entretien n’est clairement pas unilatéral, on peut lire ceci :

A l’initiative de parlementaires allemands, émerge une version qui fait mention de Dieu et du christianisme dans le préambule du traité. Jacques Chirac demande à Lionel Jospin, alors Premier ministre, de s’y opposer au nom de la laïcité. Les laïques français ont en effet vu là – à tort – une volonté de «rechristianiser l’Europe». Je ne dis pas qu’il n’y avait pas d’arrière-pensées, mais c’était surtout un rappel historique, factuel. La polémique n’a d’ailleurs pris qu’en France, où la crainte était que d’un préambule, on tire des conclusions normatives inacceptables.

Il reste une question, suscitée par la suite de l’entretien et qui n’est pas traitée ici. Si l’on admet que la société soit multiculturelle, faut-il traiter indistinctement la culture qui procède des choix conscients posés tout au long de l’édification de notre pays et celles qui sont d’une arrivée récente ?