De la prudence

Au retour de son voyage en Suède, le Saint-Père a pris la parole sur l’accueil des migrants et des réfugiés (qu’il distingue). Si certains font une lecture dialectique de ce « revirement », une attention minimale aux propos du Pape montre qu’il s’agit d’un développement d’une pensée, au contraire, très cohérente :

« On ne peut pas fermer le cœur à un réfugié, a-t-il expliqué. Mais, tout en étant ouvert à les recevoir, les gouvernements doivent être prudents et calculer comment les installer. Il ne s’agit pas seulement de recevoir des réfugiés mais de considérer comment les intégrer. »

« Il n’est pas humain de fermer les portes, a continué le pape. Il n’est pas humain de fermer les cœurs. À la longue cela se paye. Mais un calcul imprudent en en recevant plus qu’on ne peut en intégrer, cela se paye aussi politiquement.»

Pour mémoire, un salutaire rappel de ce qu’est la prudence, à distinguer de la pusillanimité ou du postmoderne « principe de précaution » :

« Puisque le choix porte sur des moyens en vue d’une fin, sa rectitude exige deux choses : une juste fin et des moyens adaptés à cette juste fin. (…) C’est pourquoi il est nécessaire qu’il y ait dans la raison une vertu intellectuelle qui lui donne assez de perfection pour bien se comporter à l’égard des moyens à prendre. Cette vertu est la prudence. Voilà pourquoi la prudence est une vertu nécessaire pour bien vivre.» (Thomas d’Aquin, Somme théologique)