Benoît XVI est-il un raté ?

i-autre-26740_360x440-benoit-xvi-dernieres-conversations-ed-fayard-netCe sont certainement les dernières conversations que nous pouvons avoir avec Benoît XVI, lui qui s’en tient par ailleurs au silence. Et si ce livre d’entretiens n’est pas le « livre-événement » promis au sens de quelque déclaration fracassante que ce soit, on y retrouve avec tendresse le pape doux et humble que l’on a aimé.

Lui qui n’hésite pas à assumer certaines critiques à son égard. Lui qui n’a pas un mot qui puisse trahir une distance quelconque avec son successeur, qui va jusqu’à lui reconnaître des qualités dont il serait dépourvu. Lui qui assume sa fidélité et son obéissance comme l’évidence dont on ne pouvait douter de sa part. Comment a-t-il pu promettre une obéissance absolue à son successeur, sans le connaître ? « Le pape est le pape, quel qu’il soit ». Simple et indiscutable.

Certains peuvent lui reprocher de ne pas avoir mené à bien des réformes administratives nécessaires. Mais outre le fait qu’il n’est pas resté inactif, il le dit tranquillement : convaincu que son pontificat ne pourrait être long, il n’entendait pas se consacrer à des réformes dont il savait qu’il ne pourrait venir à bout mais il voulait se concentrer sur l’essentiel, la foi.

Ces entretiens sont aussi l’occasion de balayer des hypothèses absurdes, sur un chantage qui l’aurait poussé à la démission, sur une déprime de sa part. L’occasion de revenir sur la démondanisation nécessaire de l’Eglise, et spécialement dans son pays natal. Sur son rôle éminent lors du Concile, malgré sa jeunesse.

En tant que pape, avez-vous été un réformateur un conservateur ou, comme le prétendent vos détracteurs, un raté ?

Je ne peux pas me considérer comme un raté.

Idée absurde. Certainement parce que nous ne sommes pas au rang de ses détracteurs et que, faute d’avoir « retrouvé la foi » (cf l’intégralité de l’échange), avec lui, nous l’avons affermie, appuyée, sur le roc. Un jour pas si lointain, nous lui dirons un nouvel adieu. D’ici là, n’hésitez pas à vivre l’occasion d’une dernière conversation, bienveillante, entre lui et nous.