Quand Dieu pleure

dieu_pleureLoin de l’image du Dieu vengeur, comme du Christ qui tempête, menace, et chasse ceux qui profaneraient sa maison, le Pape François, dans son homélie du jeudi matin, s’est attardé sur le Dieu qui pleure :

Aujourd’hui aussi, face aux calamités, aux guerres qui se font pour adorer le Dieu argent, à tant d’innocents tués par les bombes que jettent les adorateurs de l’idole argent, aujourd’hui aussi le Père pleure, aussi aujourd’hui il dit : « Jérusalem, Jérusalem, mes enfants, qu’est-ce que vous êtes en train de faire ? » Et il le dit aux pauvres victimes, et aussi aux trafiquants d’armes, et à tous ceux qui vendent la vie des gens. Cela nous fera du bien de penser que notre Père, Dieu, s’est fait homme pour pouvoir pleurer, et cela nous fera du bien de penser que notre Père, aujourd’hui, pleure : il pleure pour cette humanité qui n’arrive pas à comprendre la paix qu’Il nous offre, la paix de l’amour.

Une homélie qui peut aussi nous inviter à redécouvrir le don des larmes, en particulier quand l’appel à la solidarité se fait, comme aujourd’hui, si pressant. Certes, pleurer peut être une manière de se donner bonne conscience. Tous ceux qui pleurent ne s’engagent pas pour autant au service de ceux qui ont faim, soif, sont étrangers, démunis, malades ou en prison. Mais tous ceux qui le font ont bel et bien commencé par pleurer. « Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés » (Mt 5,4).