Donnez-leur vous-mêmes à manger

Entre 30 et 69 ans, un Français sur deux est en surpoidsLu sur La Croix : « Une étude réalisée par l’Inserm et publiée mardi 25 octobre montre que l’obésité est un problème de santé publique majeur en France, en particulier chez les plus pauvres. »

Au moment où l’ont pouvait légitimement mettre Mr Copé face à son ignorance du prix moyen des pains au chocolat, se rappelle à nous cette autre réalité : une part non négligeable des français est amenée, pour avoir peut-être la chance de manger des viennoiseries, à aller se fournir ailleurs que dans les bonnes boulangeries parisiennes. Les pains au chocolat à 15 cents existent bel et bien, chez les hard-discounters, par paquets de 8, de 12 ou de 16, et font le miel – mais pas la santé – des consommateurs les moins avantagés. C’est une réalité que des associations comme la Conférence Saint Vincent de Paul, Les Restos du Coeur, ou d’autres, connaissent bien. En effet, lorsqu’on est amené à donner à manger aux plus démunis, et qu’une fois de temps en temps, on s’accorde sur le fait qu’ils pourraient apprécier de manger autre chose que des pâtes, c’est avec ce genre de produits que l’on ira se fournir le plus souvent.

Cette corrélation entre faibles revenus et obésité, révélée par la récente étude de l’Inserm, et qui semble paradoxale à première vue, est analysée par les nutritionnistes en particulier sous l’angle de la qualité des aliments consommés. On peut dès lors parler de pathologie alimentaire, de malnutrition, liée à la condition sociale. Une situation que nombre d’entre nous, qui moquons nos politiciens pour leur ignorance de nos réalités, ignorons à notre tour, faute peut-être de ne pas, nous-mêmes, être suffisamment proche de ceux qui n’ont pas de quoi se nourrir décemment. Cette proximité, cette solidarité nécessaire, est celle qui fait dire à Jésus pour ses disciples, et donc pour nous : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » (Lc 9,13).