Découverte d’un papyrus de 2700 ans sur lequel Jérusalem est mentionnée

La première mention de Jérusalem en hébreu découverte sur un papyrusIl s’agit d’un papyrus, sauvé du pillage d’une des grottes du désert de Judée, datant du 7e siècle avant l’ère chrétienne (époque du Temple de Salomon), où est clairement écrit le nom de Jérusalem. Il s’agit de la pièce la plus ancienne, non biblique, qui mentionne le nom de la ville éternelle. Après une longue enquête, la découverte a été présentée ce mercredi par des chercheurs de l’Office national des Antiquités lors d’une conférence de presse à Jérusalem.

La dépêche AFP revient sur la présentation de cette pièce archéologique en pleine polémique autour de la récente résolution de l’UNESCO :

Le papyrus présenté mercredi n’a pas été découvert lors d’une fouille, mais peu avant sa mise en vente sur le marché noir international des antiquités par des trafiquants de la région de Hébron (sud de la Cisjordanie occupée), selon l’AIA.

Il avait été pillé dans une grotte du désert de Judée, dans la région de la mer Morte et sa saisie après une « enquête très longue » a permis de faire tomber « trois réseaux de trafiquants », a affirmé M. Ganor qui dirige la cellule de lutte contre la contrebande de l’AIA. […] Et l’apparition soudaine mercredi de cet artefact, saisi par les autorités israéliennes en 2012, n’est qu’une coïncidence, affirme l’archéologue. « Nous avions prévu d’annoncer cette découverte il y a huit mois », mais l’enquête a été longue, a-t-il ajouté.

Le site Chiourim donne quant à lui quelques précisions supplémentaires sur la découverte :

D’après Israël Hasson, directeur de l’Office national des Antiquités, deux lignes écrites en hébreu ancien sur ce papyrus ont été miraculeusement préservées. Un examen paléographique des lettres et une analyse au Carbonne 14 ont permis aux savants de déterminer l’âge de cette relique exceptionnelle. La plupart des lettres étant lisibles, les archéologues ont réussi à déchiffrer le texte suivant : « De Janoach elle descendait à Atharoth et à Naaratha, touchait à Jéricho, et se prolongeait jusqu’au Jourdain ».

« Il a ensuite été établi que ce papyrus et l’original d’un document d’expédition datant de l’époque du Premier Temple, indiquant le paiement des impôts ou le transfert de marchandises d’entrepôts à Jérusalem », a déclaré Hasson. Il a ajouté que ‘Naʽartah’ mentionnée dans le texte, est le même Naʽarat cité dans la description de la frontière entre Ephraïm et Binyamin dans le Livre de Josué 16:7 : « Et il est passé de Janohah à Ataroth et à Naʽarat et est venu à Jéricho et est sorti de Jordanie ».

Le Dr Eitan Klein, directeur adjoint de l’unité de l’IAA ( Israel Antiquities Authority) chargé de la prévention des vols d’antiquités, a indiqué pour sa part que le document était une preuve extrêmement rare de l’existence d’une administration organisée dans le Royaume de Juda. Et de souligner qu’on y voyait déjà la centralité de Jérusalem en tant que capitale économique du Royaume de Judée dans la seconde moitié du 7e siècle avant l’ère chrétienne.