L’UNESCO et la vérité historique sur Jérusalem

Old City from the Mount of the OlivesAprès l’amitié judéo-chrétienne, après le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, c’est au tour de la très pacifique communauté de Sant’Egidio de manifester vigoureusement sa désapprobation contre la résolution de la “Commission du Programme et des Relations extérieures” de l’UNESCO à propos de « la protection du patrimoine culturel de la Palestine et le caractère particulier de Jérusalem Est ».

Petit rappel des faits : une résolution présentée à l’UNESCO par des pays arabes en vue de la protection du patrimoine culturel palestinien reconnaît le caractère sacré de Jérusalem pour les trois monothéismes, mais sans faire état des liens historiques avec le judaïsme (et du même coup, avec le christianisme) : les lieux saints sont présentés sous leur nom arabe, en référence unique à l’Islam. Le texte a ainsi été approuvé le 18 octobre par 25 États, contre 6, et 26 abstentions dont la France.

Le communiqué de Sant’Egidio dénonce ainsi le fait que « Le texte, adopté par la Commission  de l’UNESCO, en dépit de la perplexité de la Directrice elle-même, Irina Bokova, nie le lien millénaire du peuple d’Israël avec le lieu où surgissait le Temple »

Que Jérusalem, dont le nom signifie « ville de la paix », ne soit plus instrumentalisée à des fins politiques, mas devienne un lieu de rencontre et de cohabitation dans une recherche de la paix renouvelée qui passe par le « nécessaire dialogue entre chrétiens, juifs et musulmans », conclut le communiqué de Sant’Egidio, cheville ouvrière des grands rassemblements de Religions pour la paix dans « l’esprit d’Assise.

Le chef du gouvernement italien s’était exprimé dans le même sens vendredi dernier : « On ne peut pas continuer avec ces motions visant à attaquer Israël, une fois à l’ONU, une fois à l’Unesco. Soutenir que Jérusalem et le judaïsme n’ont pas de rapport revient à soutenir que le soleil fait de l’ombre ».

Dans un récent communiqué, Jacqueline Cuche, présidente de l’amitié judéo-chrétienne de France s’était exprimée ainsi :

Une fois de plus, l’UNESCO vient de se désavouer en approuvant, ce 18 octobre 2016, le vote des résolutions présentées quelques jours auparavant – simple reprise de celles déjà votées en avril dernier. En nommant de leur seul nom arabe et en référence au seul islam les lieux saints de Jérusalem, cet organisme, destiné à promouvoir la tolérance et le respect en favorisant éducation, science et culture, a au contraire procédé à une falsification de l’histoire en passant totalement sous silence le lien historique du peuple juif avec ces mêmes lieux. Cette appropriation au profit du seul islam revient aussi à nier le lien des chrétiens à ces mêmes lieux, auxquels est à jamais attaché pour eux le nom du juif Jésus. L’Amitié Judéo-Chrétienne de France, blessée dans son amitié pour le peuple juif et dans la foi de ses nombreux membres chrétiens, exprime à nouveau son indignation ainsi que son inquiétude devant les conséquences d’une telle décision : comme le rappelait dans ses courageuses mises en garde la Directrice Générale de l’UNESCO, ce vote ne peut qu’attiser davantage les tensions dans un pays déjà suffisamment éprouvé et contrecarrer tous les efforts de paix qui y sont entrepris. Il est à craindre qu’il ne rejaillisse en France même sur les relations entre juifs, chrétiens et musulmans. Puisse l’AJCF œuvrer, partout où elle le peut, à la réconciliation et à l’esprit de dialogue, comme l’y engage sa mission !