Le pain que nous mangeons

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Evalué hier à 10-15 centimes par le candidat à la primaire de droite, le pain au chocolat de Jean-François Copé n’a plus la même saveur. L’occasion de rappeler les erreurs les plus marquantes commises par les politiques sur les prix des denrées du quotidien, depuis la baguette de pain de Lionel Jospin jusqu’au ticket de métro de Natalie Kosciuszko-Moriset. L’occasion aussi de dénoncer une classe politique éloignée du peuple, menant une forme d’existence parallèle, enfermée dans un métier et une élite échappant aux contingences le plus élémentaires.

Plus profondément, ces questions relatives à la vie quotidienne nous ramènent à l’essence même du politique et à une meilleure compréhension de la crise du politique que nous traversons. Ce qui est reproché aux hommes et femmes politiques n’est pas tant le fait de ne pas partager le même mode de vie que le fait de ne pas partager la même vision du monde que leurs électeurs. Comment quelqu’un qui ne fréquente jamais un lieu aussi commun et crucial qu’une boulangerie ou qu’une station de métro, qui sont des lieux qui structurent notre rapport à l’économie, au territoire, à la communauté, peuvent-ils partager la même vision du monde, saisir les attentes de leurs contemporains ? Le pain que l’on partage, c’est un peu de notre existence commune que l’on met sur la table. C’est encore le pain de la nouvelle alliance qui réunit le peuple de Dieu dans l’eucharistie. Symboliquement, partager un même pain, c’est appartenir à un même peuple.