Le numérique est-il diabolique ?

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Non qu’il s’agisse d’exorcisme mais de ce que en quoi le numérique dans nos vies et dans la société « sépare » (diabolein en grec), fragmente, divise. Dans Libération, le philosophe Eric Sadin porte un regard très sombre sur l’avènement du numérique, qui n’est pas sans rappeler dans la tonalité les dénonciations de Papes comme Léon XIII sur les nouvelles formes du libéralisme à la fin du XIXe siècle ou encore Jean-Paul II sur le drame du système quand il prend le pas sur les individus et l’homme.

Dans les faits, [la « colonisation » du monde par « l’esprit de la Silicon Valley »] est un modèle civilisationnel fondé sur la marchandisation intégrale de la vie et l’organisation automatisée de la société qui en train de s’instaurer à grande vitesse.

Faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain ? Certainement pas et les auteurs du Samaritain seraient mal placés pour le faire ! Mais notre dépendance croissante au numérique – voir l’état de fragilité dans lequel nous sommes quand le réseau est l’objet d’attaques majeures, comme il y a quelques jours – ajouté au faible investissement de nos hommes politiques sur ces sujets ne peuvent que nourrir notre questionnement citoyen.

Et le numérique est aussi ce que nous décidons d’en faire. Deux contributions fort intéressantes pour nourrir la réflexion sur nos propres comportements : « Cathos, numérique et bien(s) commun(s) » de Floriane aux Alternatives catholiques et « Internet : voleur ou passeur d’humanité ? » de Jean Caron et un certain Erwan Le Morhedec.