Le divorce, toujours plus rapide, toujours plus facile

Paper chain family divorceIl a fini par passer. Nicolas Sarkozy avait tenté en 2007 un divorce sans juge et sans avocat. En 2014, c’était un divorce sans juge et devant greffier qui était proposé. Cette fois, la réforme est passée à l’Assemblée et l’on pourra désormais divorcer par consentement mutuel, sans juge. Un juge aux affaires familiales apporte un éclairage attristé à La Croix 1 – voir aussi cet article, qui détaille la réforme. Et il y a lieu d’être triste. Devant l’insistance transpartisane à faire passer une réforme dont bien des spécialistes expliquent les illusions et les dangers depuis bientôt dix ans. Devant la ferme volonté de toujours faciliter la séparation, de la rendre toujours plus rapide quand, pourtant, face à un consentement mutuel véritable, un divorce ne demandait déjà que six mois. Devant les facilités toujours accordées à l’instabilité familiale. Devant le sort des enfants – certes, « ils n’en mourront pas », mais l’on peut encore rêver de standards plus élevés. Reste à travailler les cœurs, pour préparer les mariages, rappeler le sens de l’engagement et du devoir, de la durée et de la fidélité, afin de limiter le recours à ce nouveau droit.

Notes:

  1. On comprendra ma réserve sur un paragraphe quelque peu méprisant pour le rôle de l’avocat