Quitter Calais … et après ?

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(JP Brunet)

Les appels nombreux du Pape François pour accueillir les migrants, de manière inconditionnelle mais à la mesure de nos moyens, ne peuvent nous laisser insensibles à l’actualité sur l’évacuation de la « jungle » de Calais, ce lundi. Et en même temps, au carrefour de retours parcellaires ou contradictoires, il est dur de se forger une opinion. Le démantèlement commence aujourd’hui ; voici une tentative de résumé de la situation (s’il était lui-aussi parcellaire ou insatisfaisant, au moins aura-t-il eu le mérite de vous inviter à vérifier ou compléter  par vous-même !).

Le gouvernement a décidé d’une dissolution du camp de migrants à Calais (plusieurs milliers de personnes – une ville !) en orientant ses occupants en divers coins de France, notamment par le biais de « CAO » (Centre d’Accueil et d’Orientation) appelés à prendre en considération la situation de chacun. On comprend à la lecture du papier assez complet de la Voix du Nord que le dispositif mis en oeuvre est imposant et que peut-être cette sortie de Calais est mieux construite que celle de Sangatte quelques années auparavant … Et aussi qu’un « traitement » de la situation complexe et douloureuse du Calaisis est mis en oeuvre, même si on peut commenter ses modalités.

Et c’est ainsi qu’un certain nombre d’associations dont certaines amies, notamment le Secours Catholique, se sont émus des angles morts de ce plan de sortie, notamment en questionnant la situation des migrants qui ne souhaiteraient pas quitter Calais, malgré les diverses alternatives qu’on leur aura proposées. Elles ont formulé un référé qui a été refusé. Et oui, qu’en sera-t-il, après Calais, des ces milliers de gens qui ont traversé une partie du monde au risque de leur vie pour rejoindre un parent au Royaume-Uni en espérant y vivre une vie meilleure ?

Et là, la réponse semble un peu courte. Deux médiateurs de talent, le Préfet Jean Aribaud et l’ami Jérôme Vignon, ancien Président des Semaines Sociales de France, ont été nommés pour accompagner le plan de sortie et ses suites. On ne doute pas de leurs compétences et de leur engagement pour proposer des solutions adaptées. Mais une météo clémente nous quitte et l’on voit grossir le flot de migrants « tenter leur chance » pour rejoindre l’Europe dans des embarcations de fortune, souvent iniquement monnayées, avant que l’hiver n’arrive (un millier de migrants secourus au près des côtes libyennes tout récemment, et combien dont les médias ne parlent pas ?).

Le sujet est d’une complexité rare et ne peut que nous émouvoir. La solution n’a rien d’évident et se trouve en France, en Europe et aussi au-delà.

Mais que faire ? Sans doute être attentifs à ce que les candidats à diverses élections prochaines pourront nous dire à ce sujet et orienter nos choix en conséquence ; au niveau local, si d’aventure un projet d’accueil de migrants se profile, ne pas réagir à chaud au service d’intérêts locaux mais regarder ce qu’il est réaliste de faire, au service du Bien commun ; et à titre personnel, si on le souhaite, s’engager dans diverses initiatives en Eglise au service de l’accueil des migrants.

Des propositions et du recul dans l’intervention de Jérôme Vignon – le même – et du Service Jésuite des Réfugiés en France sur « Pour nos frères, les réfugiés : que faire ? » : c’est par ici.