Le pharisien et le publicain vus par Mauriac

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Cette vision particulière du roman comme instrument de foi repose sur le constat d’une disparition de Dieu. Disparu de la morale, disparu de la littérature, le voilà à présent qui disparaît des cœurs. Plutôt que de l’invoquer avec force ou d’organiser son retour avec fracas dans ses œuvres, Mauriac est guidé par l’intuition d’une soif universelle de Dieu qui travaille jusqu’à l’âme du plus fieffé pécheur. Si le roman parvient à lui en faire prendre conscience, il sera libre alors de se tourner vers la source à laquelle boire. Dans les deux romans, le vent ne cesse jamais de souffler ni l’eau de couler, irriguant le récit de part en part de leur évidence discrète. Thérèse et Louis étouffent et meurent de soif à deux pas de ce puits autour duquel ils errent sans jamais le voir : l’écriture de Mauriac consiste à leur en révéler la présence, si proche, si nécessaire et pourtant si discrète.

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