La nature n’est pas utile, elle est irremplaçable

La nature n’est pas utile, elle est irremplaçable

Les plantes des jardins sont considérées comme des enfants ; qu’une femme oublie de repiquer un pied de manioc, elle rêvera la nuit suivante d’un nouveau-né éploré qui lui réclame le sein. Les animaux de la forêt sont vus comme des parents par alliance dont on a ponctuellement le droit, moyennant le respect de certaines règles, de prélever le corps lors de la chasse. Au sein d’une pensée qui ne distingue pas la nature de la culture, l’idée d’agrandir ses jardins ou de domestiquer des animaux pour produire davantage — un surplus dont on ne saurait d’ailleurs que faire — apparaît d’une absurdité presque dangereuse.

A méditer sur le principe énoncé dans la Genèse de garder et cultiver le jardin, comme une relation type de l’homme à la nature, et l’on se défendra bien tôt de tout rapport utilitariste à la nature, y compris quand il s’agit d’argumenter pour la défendre. C’est dans cet esprit qu’il faut lire cet article du site Reporterre, sur cette tribu d’Amazonie qui ne voit pas plus d’utilité dans la nature que nous n’en voyons de prime abord dans notre famille.