Dis papa, c’est quoi cette bouteille de lait ?

Alexandre Jardin jette une brique de lait à Bruno Le MaireLors de l’émission politique hier sur France 2 avec Bruno Lemaire, l’écrivain Alexandre Jardin a fait une entrée remarquée par un beau coup de publicité à la marque « C’est qui le patron ?! » qui a lancé ce lundi sa nouvelle brique de lait.

L’esprit de la marque mêle divers concepts comme celui des AMAP qui mettent en relation directe producteurs et consommateurs, de l’économie participative, mais aussi, osons le dire, une idée qui connait un succès depuis déjà bien longtemps dans un domaine où l’on s’en serait pourtant bien passé : l’industrie musicale. Moins pour sa dimension éthique que pour sa rentabilité, les producteurs des The Voice, Nouvelle Star et autres émissions du genre ont depuis longtemps compris l’intérêt de mettre sur le marché un produit conçu et choisi par avance par les consommateurs.

Ainsi, pour l’élaboration de sa brique de lait, la marque a produit un cahier des charges dont les consommateurs ont pu choisir les éléments clefs : pour la brique de lait, par exemple, la rémunération du producteur, l’origine du lait, les procédés d’élevage ou encore le type d’emballage. Le résultat est sans appel et oppose un démentit cinglant aux positions du géant Lactalis dans ses négociations avec les producteurs laitiers, en privilégiant notamment la rémunération des agriculteurs sur les quelques centimes de gains par litres pour le consommateur.

On ne peut s’empêcher ici de penser à ce que Benoit XVI enseignait déjà dans l’encyclique Caritas in Veritate en 2009 :

La doctrine sociale de l’Église a toujours soutenu que la justice se rapporte à toutes les phases de l’activité économique, parce qu’elle concerne toujours l’homme et ses exigences. La découverte des ressources, les financements, la production, la consommation et toutes les autres phases du cycle économique ont inéluctablement des implications morales. Ainsi toute décision économique a-t-elle une conséquence de caractère moral. Les sciences sociales et les tendances de l’économie contemporaine le confirment également. Peut-être fut-il un temps pensable de confier en premier lieu à l’économie la tâche de produire des richesses, remettant ensuite à la politique la tâche de les distribuer. Tout ceci se révèle aujourd’hui plus difficile, puisque les activités économiques ne sont pas confinées à l’intérieur des limites territoriales, alors que l’autorité des gouvernements continue à être essentiellement locale. C’est pourquoi les règles de la justice doivent être respectées dès la mise en route du processus économique, et non avant, après ou parallèlement. Il est nécessaire aussi que, sur le marché, soient ouverts des espaces aux activités économiques réalisées par des sujets qui choisissent librement de conformer leur propre agir à des principes différents de ceux du seul profit, sans pour cela renoncer à produire de la valeur économique. Les nombreux types d’économie qui tirent leur origine d’initiatives religieuses et laïques démontrent que cela est concrètement possible. (CV 37)