Cathos de gauche : même pas morts ?

resurrection-de-lazare-par-rembrandtRéagissant à un article de Gaël Brustier, René Poujol s’insurge, dans une tribune publiée ce jeudi sur Causeur et Aleteia, contre l’idée que les cathos de gauche seraient morts et enterrés, balayés par la tempête de la Manif pour Tous. Pour lui, le recul du vote catholique à gauche est d’abord un problème d’offre politique : orphelins politiquement, les catholiques de gauche seraient les grands déçus de François Hollande qui n’aurait su ni conduire un authentique débat sur le mariage pour tous, ni mener une politique économique au niveau des attentes. Enfin, les catholiques de gauche continuent pour lui à souffrir d’un défaut de visibilité, continuant à opter pour une forme de discrétion en décalage avec le catholicisme décomplexé de la jeune génération.

Mais parle-t-on encore de « cathos de gauche », au sens historique du terme ? Ou parle-t-on plus justement de « cathos à gauche », moins nombreux, offrant volontiers leur soutien à la gauche mais sans développer pour autant des attentes en matière de réforme liturgique en résonance avec leur engagement politique ? Quels sont les éléments qui, au-delà du « mai 68 conservateur », structurent le positionnement politique des catholiques ? Ne sont-ils pas toujours plus nombreux à chercher un autre marqueur que la gauche ou la droite ? C’est peut-être en cela que la catégorie de « cathos de gauche » est remise en question.