Saint Luc, l’évangéliste

Saint Luc, évangélisteAujourd’hui nous fêtons saint Luc, à qui la Tradition chrétienne attribue l’un des quatre évangiles, le plus long, ainsi que le livre des Actes des Apôtres. On le dit médecin, compagnon de Paul. On l’a voulu païen ou prosélyte, le dépeignant mauvais connaisseur des régions de la terre d’Israël et de ses coutumes. On n’a aujourd’hui que peu de doutes sur son incroyable maîtrise des Écritures et des traditions d’interprétation de son temps, au service d’un talent rhétorique exceptionnel. On l’a voulu historien, nous le disons aujourd’hui plus volontiers théologien et mystique. On l’a lu en regard des deux autres synoptiques pour chercher comment il reprenait qui de Marc, qui de Matthieu. On le sait aujourd’hui d’une grande proximité avec l’évangile de Jean par bien des aspects, et en particulier la place qu’il accorde à Marie, la mère de Jésus.

L’évangile de Luc est celui de la miséricorde par excellence. C’est l’évangile de la parabole du bon Samaritain, de la résurrection du fils de la veuve de Naïm ou encore des paraboles de la miséricorde. C’est aussi l’évangile du révolutionnaire Magnificat. C’est encore l’évangile qui évoque le plus la prière. Luc est connu par ailleurs pour avoir introduit ce qu’on appellerait aujourd’hui la parité : régulièrement, il met en scène des personnages masculins et féminins en les alternant et en les faisant se compléter. Son attention portée aux femmes de la jeune communauté chrétienne est exemplaire. Enfin, on peut difficilement lire l’évangile de Luc sans avoir en tête l’histoire d’Elie et d’Elisée, à qui il se réfère sans cesse, explicitement ou non.

Dans la figure du Tétramorphe, cette figure des quatre vivants de la vision d’Ezéchiel, Luc est associé au Taureau : figure de la force inséminatrice, de la fécondité, mais aussi de l’animal sacrificiel par excellence. Certaines sources le disent d’ailleurs mort en martyr, crucifié. Luc est en quelques sortes l’apôtre de la miséricorde, et cette année sainte du jubilé de la miséricorde ne pouvait qu’être l’année qui, dans le calendrier liturgique, nous donne à lire l’évangile de Luc.

Saint Luc, prie pour nous.