Martyrs pour la création

Dans un récent article, le site Reporterre met en évidence l’inquiétante augmentation des assassinats de défenseurs de l’environnement, particulièrement au Brésil :

« Au Brésil, près d’une personne par semaine a été assassinée en 2015 en raison de son engagement pour la défense de la nature ou la préservation d’un territoire. Ces crimes restent souvent impunis et augmentent de façon inquiétante année après année. »

« L’année 2015 a été la plus sanglante d’après l’ONG britannique Global Witness, qui répertorie depuis une quinzaine d’années les assassinats de défenseurs de l’environnement à travers le monde. D’après son rapport On dangerous ground publié en juin, 50 personnes ont été tuées l’année dernière au Brésil, sur un total mondial de 185 assassinats. Un chiffre impressionnant, mais d’autant plus préoccupant qu’il a augmenté de 73 % par rapport à l’année 2014. »

En cause, les intérêts économiques que représente l’exploitation des territoires forestiers pour les grands fermiers, les sociétés minières, les bûcherons illégaux ou encore les orpailleurs.

Dans son encyclique Laudato Si, le pape François évoque la déforestation à des fins agricoles parmi les causes du changement climatique (LS 23) qui « est un problème global aux graves répercussions environnementales, sociales, économiques, distributives ainsi que politiques, et constitue l’un des principaux défis actuels pour l’humanité« . (LS 25) Il l’évoque à nouveau, tout aussi logiquement, dans les causes de dégradation de la biodiversité (LS 41) et enfin pour ces deux raisons, comme l’une des causes d’accroissement de l’inégalité au niveau mondial, qui « n’affecte pas seulement les individus, mais aussi des pays entiers, et oblige à penser à une éthique des relations internationales. » (LS 51).

Le Pape pourrait sans doute ajouter aujourd’hui, aux conséquences du mépris cupide pour l’environnement, les crimes odieux contre ceux qui s’en sont fait les gardiens. Et de fait, pour ces hommes et ces femmes tués en raison de leur engagement en faveur de la Création, nous pouvons relire en forme d’hommage cette conclusion du pape François :

« Dieu qui nous appelle à un engagement généreux, et à tout donner, nous offre les forces ainsi que la lumière dont nous avons besoin pour aller de l’avant. Au cœur de ce monde, le Seigneur de la vie qui nous aime tant, continue d’être présent. Il ne nous abandonne pas, il ne nous laisse pas seuls, parce qu’il s’est définitivement uni à notre terre, et son amour nous porte toujours à trouver de nouveaux chemins. Loué soit-il. » (LS 245)

Grâce à Dieu, et à un engagement généreux, tout est encore possible !